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Le jour où j'ai décidé de m'appeler Anne, c'était au Lycée et j'entrais en seconde. Ce jour-là, j'ai tué Sélima. Martine, qui redoublait, est venue s'asseoir à côté de moi parce que j'avais l'air sérieux et qu'elle n'avait pas envie de tripler. Elle m'a tout de suite demandé :
- Et toi, comment tu t'appelles ? - Anne, Anne Jeloud.
Pour moi-même, j'ai répété "Anne, Anne, Anne...". Une bonne douzaine de fois. J'étais contente.
Née en France de parents algériens, Sélima est à la recherche de son identité. A l'école, elle se fait appeler Anne, pour ne pas être différente. Puis vient le temps du remords et le retour aux sources, dans son pays. Là, la jeune fille découvre d'autres problèmes, d'autres contradictions. Quand elle revient en France, elle a compris qu'elle est à la fois Anne et Sélima et qu'elle doit assumer cette double personnalité.
Source : Casterman
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