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" Plus d'eau !Il faut sortir ce soir même de la Poche du Kalahari. Question de vie ou de mort. Mais les bêtes ne répondent plus à la pression de nos jambes.' Les pires coups ne les émeuvent pas.Laquelle de ces malheureuses capitulera avant les autres ?
Mais un hurlement de John me fait sur-sauter sur ma selle. Est-il fou ? Non : à cent mètres, bien en lumière, brillent des milliers de melons, des " sammas ".
C'est le salut, la joie, la liesse ! Les bêtes chargent. Si nous n'avions sauté à terre, elles nous balançaient sans vergogne.
En un clin d'oeil, le voile du danger s'est déchiré et je nous compare aux Hébreux recevant du ciel la manne qui, pour nous, vient du sol... La pulpe du samma est tendre, fade, riche en sève. Des pépins sont disséminés dans la masse. On ne sait plus si l'on mange ou si l'on crache...
Nous sommes en plein soleil ; il n'y a plus qu'à attendre. Les mandibules claquent. Les coups de bottes pleuvent. Près de. moi, Alip lèche lui aussi son samma, et se creuse une couche dans le sable... "
Source : Marabout
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