Toutefois en tournant une page puis une autre, on est soudain pris au piège et aucun répit ne viendra nous soulager avant la dernière ligne.
Le statut de "mère" a été décliné sur tous les tons dans la littérature par les écrivains les plus prestigieux depuis Mère courage jusqu'à Folcoche. Mais ici ce sont les effets de la totale possession d'une mère "mante religieuse" sur un fils totalement à sa merci qui sont finement analysés. On y assiste, impuissant. On mesure à quel point cet être a été irrémédiablement façonné, manipulé, marqué au fer par l'amour asphyxiant de sa mère. Pour cette femme, son enfant ne peut et ne doit exister que par elle. Tout ceux qui se mettent en travers de ce dessein sont impitoyablement broyés.
Mauriac nous entraîne dans l'univers mental monstrueux de gens ordinaires dont la vie affective est un désastre. L'aridité des ces âmes perdues crée un climat gluant, poisseux et laisse un sentiment de profond gâchis.
|