{"product_id":"80-enigmes-medicales-en-medecine-la-verite-napparait-pas-toujours-du-premier-coup","title":"80 énigmes médicales. En médecine la vérité n'apparaît pas toujours du premier coup","description":"1.?\u0026amp;gt;La vanité ne remplace jamais la documentation?\u0026amp;gt;– Fontaine, le professeur de biochimie prétend que vous n'êtes pas tout à fait idiot... Pouvez-vous me trouver un anticoagulant, non dérivé du dicoumarol, qui n'agglutine pas les plaquettes du chien ?J'entre en premier doctorat et il n'y a qu'un mot que je comprends dans la phrase du professeur Lucien, chef du Service de Médecine B, c'est le mot « chien ». On a bien parlé de plaquettes en candidature, mais cela ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Quant aux anticoagulants...Je ne dois pas montrer ma peur et mon ignorance : je suis élève assistant en biochimie. Je veux faire de la recherche. C'est un bel accueil !\u003cbr\u003e\nJe me souviens de la fable de Florian : un pauvre petit grillon caché dans l'herbe fleurie... J'ail'impression d'être en présence d'une bête féroce. Le professeur Lucien gesticule un discours que je comprends à peine. Se doute-t-il seulement de ce que nous apprenons en candidature ?Je reste impassible et je m'entends répondre que je me lance immédiatement dans les recherches. Le téléphone sonne. Le professeur me congédie de la main. Je suis sauvé !\u003cbr\u003e\nJe me précipite à la bibliothèque facultaire. Je saute sur le Larousse en dix volumes : anti..., antico..., anticoagulant... Puis, dicoumarol. On me renvoie à coumarol. Du Larousse, je passe à un bouquin de médecine. Je distingue déjà les anticoagulants in vitro et in vivo. Je commence à entrevoir l'existence de l'héparine ; l'effet antivitaminique K ; les désionisants du calcium.Je me demande ensuite dans quel but le professeur Lucien veut ce renseignement. J'interroge, j'enquête. Je monte au labo de chimie biologique. Puis je vais interviewer la laborantine qui fait la numération plaquettaire. On en est toujours à la plaque de Thomas. On hémolyse à l'urée les globules rouges et blancs. On utilise le microscope à contraste de phase.Je cours en Médecine A où on fait des travaux sur la coagulation. J'interroge un agrégé, puis l'autre, un chercheur du FNRS. Je note tout dans un carnet, mais cela se met bien en place dans ma tête.En quelques heures, j'ai fait le tour de la maison et des problèmes. J'ai même déjà compté des plaquettes.\u003cbr\u003e\nLe lendemain matin, je suis au tour de salle du professeur Lucien. Ce sont encore les vacances. Les étudiants sont rares et je me fais tout petit pour cacher mon ignorance au milieu de ces messieurs de dernière année. Si petit que je crois que mon diable de prof ne m'a pas repéré.Tout à coup, le professeur Jacques R, de Médecine A, fait son entrée. Je pèse mes mots. Il n'y a que les trompettes thébaines qui manquent. Que venait-il faire dans « notre » service ? Je ne m'en souviens pas. Il était accompagné de toute une cour. C'était un beau, un magnifique vieillard. Les cheveux blancs, abondants et soigneusement peignés. La blouse blanche impeccable faisait ressortir sa taille élancée et son port majestueux. Il portait de fines lunettes d'or et il laissait tomber des phrases précieuses que ses suivants recueillaient comme des pépites.Il était l'image inverse du professeur Lucien, qui était plus petit, un peu voûté, bagarreur, entreprenant et efficace. Dès l'entrée du professeur Jacques, Lucien l'apostrophe gaillardement :– Et vous donc, le Pape des plaquettes, connaissez-vous un anticoagulant qui n'agglutine pas les plaquettes du chien ?Après une hésitation, Jacques répond :– L'héparine.Lucien se tourne vers moi :– Qu'en pensez-vous ?Que faire au milieu de ces mastodontes ? Moi qui sors de candidature. Il insiste :– Et alors ?Jacques se demande quel peut bien être ce péquenot que l'on interroge au tour de salle. Comme s'il pouvait avoir un avis sur la question...– L'héparine n'agglutine pas les plaquettes du lapin, mais bien celles du chien....Lucien regarde Jacques. Je crois voir une lueur amusée dans son regard. Jacques, qui se demande toujours qui je peux bien être, assène :– Le Sequestrenne.Le coup du Sequestrenne... Lucien ne pouvait pas le connaître. Nous l'appelons maintenant l'EDTA et nous l'utilisons tous les jours comme anticoagulant pour les analyses. À cette époque, il était à l'étude dans le service de Jacques. Un de ses agrégés me l'avait montré la veille...Lucien, sévère, me regarde encore.\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\nSource : Lattès Jean-Claude","brand":"Book Hémisphères","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":57007756247366,"sku":"V2243738","price":3.93,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0517\/5915\/3314\/files\/0514729.jpg?v=1763575388","url":"https:\/\/www.livrenpoche.com\/fr-be\/products\/80-enigmes-medicales-en-medecine-la-verite-napparait-pas-toujours-du-premier-coup","provider":"Livrenpoche","version":"1.0","type":"link"}