{"product_id":"livre-le-silence-du-mal-4","title":"Le silence du mal","description":"1.?\u0026gt;Cypress Springs, LouisianeMercredi 5 mars 2003 â€“ 14 h 30\u003cbr\u003e\nAvery Chauvin s'arrÃªta devant l'entrÃ©e de chez Rauche, la mercerie, et descendit de son vÃ©hicule de location. Une brise chargÃ©e d'humiditÃ© joua sur sa nuque et dans ses cheveux noirs coupÃ©s court, tandis qu'elle inspectait Main Street, la rue principale de la ville. Rauche Ã©tait toujours Ã  l'angle de Main Street et de la 1re Rue, la faÃ§ade du CafÃ© AzalÃ©e attendait dÃ©sespÃ©rÃ©ment une nouvelle couche de peinture, la Parish Bank n'avait pas encore Ã©tÃ© absorbÃ©e par une plus grosse sociÃ©tÃ©, et la place autour de laquelle ces magasins se rÃ©unissaient Ã©tait toujours aussi ombragÃ©e et charmante, avec son belvÃ©dÃ¨re d'un blanc Ã©tincelant.Rien n'avait changÃ©, Ã  Cypress Springs, pendant son absence. C'Ã©tait comme si les douze annÃ©es qu'elle avait passÃ©es Ã  la Louisiana State University de Baton Rouge avaient Ã©tÃ© un rÃªve et sa vie Ã  Washington D.C., un simple produit de son imagination.Si tel avait Ã©tÃ© le cas, sa mÃ¨re aurait toujours Ã©tÃ© en vie ; elle n'aurait pas Ã©tÃ© victime de cette attaque qui l'avait terrassÃ©e par surprise. Quant Ã  son pÃ¨re...La douleur s'abattit sur elle. Il lui sembla entendre la voix de Phillip Chauvin, lÃ©gÃ¨rement dÃ©formÃ©e par le rÃ©pondeur tÃ©lÃ©phonique.â€“ Avery, mon cÅ“ur..., c'est papa. J'espÃ©rais que... J'ai besoin de te parler. J'espÃ©rais... Il y a quelque chose. Je... j'essaierai plus tard. Au revoir, ma poupÃ©e.Si seulement elle avait pris cet appel ! Si seulement elle s'Ã©tait arrÃªtÃ©e, juste le temps qu'il fallait pour parler avec lui. Son article pouvait attendre ; le membre du CongrÃ¨s qui avait finalement acceptÃ© de la recevoir pouvait attendre. Il lui suffisait d'accorder deux minutes Ã  son pÃ¨re. Deux petites minutes qui auraient tout changÃ©.Elle pensa Ã  un autre appel tÃ©lÃ©phonique, reÃ§u le lendemain matin. Bud Stevens, le chef de la police de Cypress Springs, un grand ami de la famille.â€“ Avery, c'est Buddy. J'ai... j'ai de mauvaises nouvelles, ma douce. Ton papa... il est...Mort. Son pÃ¨re Ã©tait mort. Entre le moment oÃ¹ il l'avait appelÃ©e et le lendemain matin, il s'Ã©tait suicidÃ©. Il s'Ã©tait rendu dans son garage, s'Ã©tait aspergÃ© d'essence, puis avait craquÃ© une allumette.Comment as-tu pu faire Ã§a, papa ? Pourquoi ? Tu n'as mÃªme pas dit...Le bref hurlement d'une sirÃ¨ne coupa net le fil de ses pensÃ©es. Avery se tourna. Une voiture de patrouille de la police du comtÃ© de West Feliciana s'arrÃªta derriÃ¨re sa Chevrolet Blazer. Un officier descendit du vÃ©hicule et marcha vers elle.Elle reconnut l'homme Ã  sa silhouette tout en longueur, un rien dÃ©gingandÃ©e, Ã  sa dÃ©marche et Ã  son maintien : Matt Stevens, son grand amour des annÃ©es de lycÃ©e, qu'elle avait laissÃ© derriÃ¨re elle pour courir aprÃ¨s ses rÃªves journalistiques. Depuis, elle n'avait revu Matt qu'une poignÃ©e de fois, notamment aux funÃ©railles de sa mÃ¨re, un an plus tÃ´t. Buddy avait dÃ» l'avertir de son arrivÃ©e.Avery leva la main pour le saluer. Il Ã©tait toujours sÃ©duisant, pensa-t-elle en le regardant approcher. Sans doute le plus beau parti de la ville. Sauf qu'il devait Ãªtre pris, maintenant.Il s'arrÃªta devant elle, sans sourire.â€“ Ã‡a me fait plaisir de te rencontrer, Avery.Elle se vit dans les verres rÃ©flÃ©chissants de ses lunettes. Toute petite, une allure d'elfe accentuÃ©e par sa coiffure de lutin et ses yeux noirs qui paraissaient trop grands pour son visage.â€“ Moi aussi, Matt, rÃ©pondit-elle.â€“ Je suis dÃ©solÃ© pour ton pÃ¨re. Je m'en veux, pour la faÃ§on dont c'est arrivÃ©. Je m'en veux vraiment.â€“ Merci. Je... je vous suis reconnaissante, Ã  Buddy et Ã  toi, de vous Ãªtre occupÃ©s des...Les mots se bloquÃ¨rent dans sa gorge, mais elle poursuivit, dÃ©cidÃ©e Ã  tenir le coup.â€“ ... restes de papa.â€“ C'Ã©tait le moins qu'on pouvait faire.Matt dÃ©tourna un instant les yeux, puis regarda de nouveau la jeune femme.â€“ Tu as pu joindre tes cousins, Ã  Denver ?â€“ Oui.Ces deux cousins Ã©loignÃ©s reprÃ©sentaient toute la famille qu'il lui restait. Les autres Ã©taient partis, Ã  prÃ©sent.â€“ Moi aussi, je l'aimais, Avery. Je savais qu'il... luttait, depuis la mort de ta maman, mais je n'arrive toujours pas Ã  croire qu'il ait fait une chose pareille. Je me dis que j'aurais dÃ» voir Ã  quel point il allait mal.Les larmes survinrent soudain, inondant les joues d'Avery. S'il y avait une coupable, dans l'histoire, c'Ã©tait elle, sa fille : elle aurait dÃ» voir, savoir.â€“ Tu peux pleurer, tu sais, lui dit Matt. Ã‡a te fera du bien.â€“ Je... Il faut que j'organise un service religieux. Les Gallagher sont toujours...â€“ Oui. Danny a pris la suite de son pÃ¨re. Il attend ton appel. Papa l'a averti de ton arrivÃ©e.Avery dÃ©signa la voiture de patrouille.â€“ Tu es en dehors de ta juridiction.Les services du shÃ©rif avaient autoritÃ© sur toutes les zones situÃ©es hors de la ville, tandis que la police de Cypress Springs contrÃ´lait la commune elle-mÃªme.Matt eut un lÃ©ger sourire.â€“ Je plaide coupable. Je traÃ®nais dans le coin en espÃ©rant te croiser avant que tu rentres chez toi.â€“ Je me suis arrÃªtÃ©e pour...En fait, elle n'avait aucune raison de s'arrÃªter. Elle avait simplement obÃ©i Ã  un caprice.â€“ Je vais t'accompagner, proposa Matt.â€“ Je te remercie, mais Ã§a n'est pas indispensable.â€“ Tu te trompes. C'est pas beau Ã  voir. Je pense que tu ne devrais pas y aller seule, la premiÃ¨re fois. Je te suis en voiture. Que tu sois d'accord ou non.Avery soutint son regard un instant, puis hocha la tÃªte et, sans un mot, remonta dans sa Blazer de location. Elle dÃ©marra et s'engagea dans Main Street.Alors qu'elle approchait du vieux quartier rÃ©sidentiel oÃ¹ elle avait grandi, elle inspira profondÃ©ment.Son pÃ¨re avait bien choisi l'heure de sa mort â€“ le milieu de la nuit, pour que les voisins ne remarquent pas tout de suite les flammes. Il avait, apparemment, utilisÃ© un bidon de gazole, un carburant qui ne dÃ©gage pas de vapeurs, contrairement Ã  l'essence.C'Ã©tait un voisin, sorti pour une sÃ©ance de jogging matinale, qui avait dÃ©couvert le garage encore fumant. Il avait d'abord voulu rÃ©veiller le pÃ¨re d'Avery, qu'il croyait au lit en train de dormir, puis il avait appelÃ© les pompiers. On avait ensuite fait venir les experts en incendie de la police d'Etat. Puis le coroner, qui avait lui-mÃªme averti les services de police de Cypress Springs. Finalement, le pÃ¨re d'Avery avait Ã©tÃ© identifiÃ© grÃ¢ce au fichier dentaire.Ni l'autopsie ni l'enquÃªte des policiers de Cypress Springs n'avaient permis de penser Ã  une mise en scÃ¨ne destinÃ©e Ã  maquiller un meurtre. Et, d'ailleurs, rien ne permettait d'Ã©tayer l'idÃ©e d'un meurtre. Le Dr Phillip Chauvin Ã©tait aimÃ© et respectÃ© de tous. La police avait officiellement conclu Ã  un suicide.Sans un mot ? Sans un au revoir ?Comment as-tu pu faire une chose pareille, papa ? Et pourquoi ?Avery arriva au niveau de la maison de ses parents, et s'engagea dans l'allÃ©e. La pelouse avait besoin d'Ãªtre tondue, les parterres de fleurs d'Ãªtre dÃ©sherbÃ©s, les buissons d'Ãªtre taillÃ©s. Les azalÃ©es, enavance sur le calendrier, avaient commencÃ© de fleurir. BientÃ´t, dans les plates-bandes bordant la maison, ce serait une dÃ©bauche de roses, du plus pÃ¢le au plus profond.Phillip Chauvin aimait son jardin. Il avait passÃ© d'innombrables week-ends Ã  s'en occuper. A prÃ©sent, il semblait abandonnÃ©. MenacÃ© de toute part, sans personne pour le dÃ©fendre.Avery fronÃ§a les sourcils. Depuis combien de temps son pÃ¨re ne s'Ã©tait-il pas consacrÃ© Ã  son cher jardin ? De toute Ã©vidence, cela remontait Ã  bien avant sa mort.Une autre preuve du dÃ©sespoir profond dans lequel il avait sombrÃ©. Comment avait-elle fait pour ne pas se rendre compte Ã  quel point il Ã©tait dÃ©primÃ© ? Pourquoi n'avait-elle pas senti que quelque chose ne tournait pas rond, lors de leurs frÃ©quentes conversations tÃ©lÃ©phoniques ?Matt s'arrÃªta derriÃ¨re elle. Elle prit une longue inspiration et descendit de sa voiture.â€“ Tu te sens vraiment prÃªte ? lui demanda-t-il.â€“ J'ai le choix ?Ils connaissaient tous les deux la rÃ©ponse, et ils suivirent l'allÃ©e en courbe, vers le garage, qui Ã©tait indÃ©pendant de la maison.Alors qu'ils s'en approchaient, l'odeur de l'incendie se fit plus forte â€“ pas seulement le bois brÃ»lÃ©, mais aussi, imagina Avery, les relents de la chair calcinÃ©e. Ils tournÃ¨rent au coin de l'allÃ©e, et la jeune femme vit qu'une grande marque noire i...\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\nSource : Harlequin","brand":"Book Hémisphères","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":55288972345670,"sku":"V1840631","price":3.22,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0517\/5915\/3314\/files\/0719858.jpg?v=1742875425","url":"https:\/\/www.livrenpoche.com\/fr-be\/products\/livre-le-silence-du-mal-4","provider":"Livrenpoche","version":"1.0","type":"link"}