{"product_id":"livre-pyrrhus-lesko-et-les-autres","title":"Pyrrhus, Lesko et les autres","description":"PROLOGUE?\u0026gt;François Rostolland, reconnu dans le monde entier comme un maître de l'éducation canine, avait le visage maigre, les lèvres étroites, le nez fin et busqué, le regard brun clair. Il pestait contre la boîte de vitesses de la vieille fourgonnette rouge qu'il conduisait en cette fin d'après-midi de janvier 1991 dans les faubourgs enneigés de Briançon.J'étais impatient de rencontrer ses chiens. Derrière nous, la ville luisait sous le soleil et, fourmis minuscules, des skieurs dévalaient la piste du Prorel.? On arrive, souffla mon guide. C'est là-haut...Je levai la tête vers la montagne plantée de sapins. Les remparts beiges et gris des forts des Têtes et du Randouillet la coiffaient, reliés plus bas par un troisième ouvrage à la Vauban.Rostolland m'expliqua de sa voix un peu traînante de montagnard que c'était dans ces derniers bâtiments qu'il avait installé ses neuf chiens, tous spécialistes de la recherche de drogue et d'explosif, de sauvetage en décombres et d'intervention en avalanche.Il engagea le véhicule sur une pente argentée.? On ne peut pas aller plus loin, m'annonça-t-il bientôt en arrêtant le moteur. Ça glisse trop...Nous nous partageâmes des nourrices en plastique contenant l'eau nécessaire au ravitaillement de ses pensionnaires. Rostolland boitait de la jambe droite. Un kiné le soignait depuis plus de trois mois pour un déplacement de rotule. Il souriait, comme quelqu'un qui va retrouver des amis.? Ecoute! me conseilla-t-il. Ils nous ont sentis...Le vent coulant des sommets découpés net sur un fond de ciel parfaitement bleu émiettait les graves et les aigus d'un concert d'aboiements.Au bout d'une étroite passerelle enjambant des fossés ouatés d'une épaisse couche de neige, le montagnard, tout en ronchonnant contre le cadenas rétif, ouvrit le grillage qui empêchait les rôdeurs de pénétrer dans la place depuis longtemps abandonnée par l'Armée.En haut d'un large escalier de pierres, il écarta les lourds battants d'une porte de bois clouté, puis ceux d'une deuxième dans la poterne du fort.Les aboiements résonnaient sous des voûtes de pierres froides. Une forte odeur de viande crue me saisit. Mon hôte devait m'observer tout en déposant les bidons d'eau.? En hiver, m'expliqua-t-il, je n'ai pas besoin de frigo... Je laisse la viande à l'air libre, elle est à peine dégelée.Je devinai les chiens dans un profond enchaînement d'anciennes salles de garnison. Je remarquai d'abord un briard haut sur pattes, puis des bergers allemands. Rostolland disparut dans la pénombre. Sa voix aiguë s'imposa aux aboiements. Les chiens, virevoltants autour de lui, gourmands de caresses, mirent un bémol à leurs cris.Vite accoutumé à la lumière rare du local, je goûtais le spectacle. La meute matée avait retrouvé son maître. Rostolland allait de l'un à l'autre, poursuivi par les plus câlins. Il les repoussait à coups de hanche en hurlant leur nom. Il revint vers moi pour m'annoncer qu'il allait les faire sortir et que je n'avais rien à craindre de la ruée. Je revins au grand jour et me plaçai en attente au bas de l'escalier.Une forme noire et feu jaillit de la poterne. Un berger allemand s'immobilisa une seconde, sans doute ébloui par le soleil. Il me frôla en prenant le temps de me donner un petit coup de museau avant de filer dans la neige vierge. Un second chien le suivit, tout aussi pressé d'aller se défouler. Un troisième encore, et l'énorme masse noire et poilue du briard entrevu dans le fort se dressa sur ses pattes arrière. Aussi haut que moi, le chien m'obligea à reculer, à m'appuyer contre la pierre gelée pour supporter l'assaut amical.? Il s'appelle Cachou, me cria de loin Rostolland. Ne te laisse pas faire...Je repoussai le grand escogriffe débordant d'affection. D'autres chiens bousculèrent l'énorme pelote de laine. Rostolland, sans doute échauffé par la joute soutenue avec ses compagnons un à un libérés, ne boitait presque plus. Il semblait rajeuni par ces retrouvailles tumultueuses.Il me rejoignit alors que je venais de voir passer devant moi un étrange grand chien à robe beige et larges oreilles tombantes.? C'est un griffon italien, m'expliqua-t-il. Un spinone... Il a cinq ans et s'appelle Aldo.L'animal, tout dégingandé lorsqu'il se mettait à marcher entre deux courses folles dans des gerbes de neige, avait quelque chose d'Aldo Maccione, le comique italien à la démarche chaloupée. Ses oreilles larges, plantées juste à hauteur de ses yeux doux, voletaient en triangles effrangés autour de sa longue tête busquée au front orné de deux plumeaux comiques. Des touffes de laine hivernale se mêlaient aux poils drus de sa toison. Soudain, plantant devant moi ses larges paturons alourdis de neige gelée, il se mit à me dévisager.\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\nSource : Grasset","brand":"Book Hémisphères","offers":[{"title":"Occasion - Bon Etat - Pliure sur couv.","offer_id":43127632855202,"sku":"V73019","price":1.99,"currency_code":"EUR","in_stock":true},{"title":"Occasion - Bon Etat - Pliures sur couv","offer_id":49826265956678,"sku":"V73020","price":1.99,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0517\/5915\/3314\/files\/0296256.jpg?v=1743338488","url":"https:\/\/www.livrenpoche.com\/products\/livre-pyrrhus-lesko-et-les-autres","provider":"Livrenpoche","version":"1.0","type":"link"}