{"product_id":"livre-sans-oublier-les-enfants-les-camps-de-pithiviers-et-de-beaune-la-rolande-19-juillet-16-septembre-1942","title":"Sans oublier les enfants. Les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande 19 juillet-16 septembre 1942","description":"19 JUILLET - 16 SEPTEMBRE 1942?\u0026gt;?\u0026gt;19?\u0026gt;JUILLET 1942?\u0026gt;« C'était un dimanche, je me souviens qu'il faisait très beau. » Annette Krajcer, qui est aujourd'hui médecin à Paris, a douze ans lorsqu'elle arrive, en train, à Pithiviers. Le convoi, parti le matin même de Paris, comporte 1 073 personnes. Le camp est tout près de la gare.«Nous sommes rassemblés dans une très grande bâtisse en bois, très haute, noire, et nous attendons longtemps avant d'être répartis dans les différentes baraques. Les pères sont séparés du reste des familles. Il y a des baraques d'hommes et des baraques pour les mères et leurs enfants. Elles sont équipées de châlits remplis de paille. A côté de ce que nous venons de vivre, cela nous paraît mieux. Nous sommes à la campagne, et il y a du soleil... »\u003cbr\u003e\nAnnette, sa s?ur Léa et leur mère viennent de vivre trois jours pénibles, enfermées dans le Vélodrome d'hiver, à Paris, en compagnie de 8 157 (essentiellement les familles avec enfants) des 13 152 juifs interpellés lors de la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942.«Nous avions été arrêtées chez nous, 10 rue de Sévigné, le 16 juillet à 6 heures du matin, par des policiers parisiens en uniforme. Ils ont simplement expliquéà maman qu'il fallait qu'elle vienne parce qu'elle était \"sur la liste\". Ma s?ur et moi n'y étions pas : mes parents étaient considérés comme apatrides, mais nous avions toutes les deux la nationalité française (j'étais alors en quatrième au lycée). Depuis fin 1941 mon père était, en tant que juif, dans un camp agricole des Ardennes dirigé par un chef de culture allemand. Maman, qui vivait en France depuis sa toute petite enfance, parlait très bien français. Elle était très patriote : son père avait été engagé volontaire en 1914. Elle ne s'inquiétait pas. Il y avait bien eu des bruits de rafles les jours précédents, mais elle était tellement confiante dans la France de Pétain qu'elle n'imaginait pas qu'on arrêterait les femmes. Lorsqu'on a sonné, elle a ouvert sans réfléchir.Ils ne voulaient emmener que maman. Mais nous voulions venir avec elle, et de toute façon il n'y avait pas d'autre solution : nous ne pouvions pas rester toutes seules.On nous regroupa, avec d'autres familles du quartier, sous un préau de l'école de la rue Geoffroy-l'Asnier. Les policiers qui nous gardaient étaient très polis avec maman. A cause de son français impeccable, elle tranchait un peu sur tous les gens rassemblés dans l'école, petites gens de milieu ouvrier du Marais, s'exprimant très mal en français. Maman questionnait les policiers sur ce qu'ils allaient faire de nous, mais ils étaient gênés, ne nous regardaient pas en face et répétaient qu'ils ne savaient rien, qu'ils \"exécutaient les ordres\". Après quelques très longues heures d'attente, debout sous le préau, des autobus vinrent nous embarquer et nous conduisirent au Vélodrome d'hiver. Cela nous valut une longue traversée de la capitale, en plein jour, sous le regard apparemment indifférent, parfois surpris, des Parisiens. »\u003cbr\u003e\nL'identité de ces voyageurs n'échappe à personne : ils portent tous, très visiblement, l'étoile jaune cousue sur le côté gauche de leurs vêtements, comme ils en ont l'obligation depuis le 7 juin 1942.La date de cette énorme rafle avait été fixée quelques jours auparavant, le 10 juillet, lors d'une réunion préparatoire entre les Allemands et les représentants de la police française, conduits par Jean Leguay, délégué en zone occupée de René Bousquet, secrétaire général à la Police. Il s'agissait de la première des arrestations massives destinées à répondre aux exigences d'Adolf Eichmann, chef du service des Affaires juives de l'Office central pour la sécurité du Reich (RSHA). Le 22 juin, il avait réclamé un premier contingent de 40 000 juifs de France âgés de 16 à 45 ans (à déporter par convois de 1000 individus), en application des mesures prises le 11 juin 1942 à Berlin lors de la conférence de la section IV B4 de l'Office central pour la sécurité du Reich à laquelle participait Theodor Dannecker, le délégué d'Eichmann pour la France et la Belgique.Les occupants, matériellement incapables de procéder à ces arrestations massives, obtinrent de Pierre Laval, « chef du gouvernement », qu'elles fussent effectuées par Vichy. Depuis son retour au pouvoir, en avril 1942, Pierre Laval avait une obsession : affirmer, notamment à travers son administration et sa police, l'existence d'un Etat français souverain dans le cadre de la politique de collaboration. Sa politique, à base de compromis pragmatiques (les juifs étrangers seront les premiers à en faire les frais), avait pour objectif de négocier une place pour la France dans l'Europe allemande. Le chef de la Police, René Bousquet, s'employait à faciliter cette collaboration, ainsi qu'il venait de le réaffirmer dans une lettre adressée, le 18 juin, au général Oberg, responsable de l'Office central pour la sécurité du Reich en France :\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\nSource : Grasset","brand":"Book Hémisphères","offers":[{"title":"1991 - Occasion - Bon Etat","offer_id":46695299350854,"sku":"V519756","price":3.99,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0517\/5915\/3314\/products\/0656055_47e421a1-a051-415d-ba6a-9aaadcfe65ed.jpg?v=1695867005","url":"https:\/\/www.livrenpoche.com\/products\/livre-sans-oublier-les-enfants-les-camps-de-pithiviers-et-de-beaune-la-rolande-19-juillet-16-septembre-1942","provider":"Livrenpoche","version":"1.0","type":"link"}