{"product_id":"livre-un-panier-de-houblon-tome-i-la-verte-enfance-du-monde","title":"Un panier de houblon Tome I : La verte enfance du monde","description":"e9782709641371_cover.jpge9782709641371_pagetitre01.jpgTABLE DES MATIÈRESDédicace\u003cbr\u003e\nAvant-Propos\u003cbr\u003e\nPREMIÈRE JOURNÉE\u003cbr\u003e\n© 1994, Editions Jean-Claude Lattès978-2-709-64137-1DU MÊME AUTEURL'Été indien (poèmes et journal de l'Été indien), Gallimard, 1957.Les Artistes de la faim (essais critiques), Calmann-Lévy, 1960.Révolte et Louanges (essais critiques), José Corti, 1962.Moisson de Canaan, Flammanon, 1967.La Lune d'hiver, Flammarion, 1970.Le Soleil sous la mer (poèmes 1939-1971), Flammarion, 1972.Délivrance du souffle, Flammarion, 1977.Du bec à l'oreille (album de textes), Éditions de la Nuée-Bleue, Strasbourg, 1977.Claude Vigée, par Jean-Yves Lartichaux, coll. « Poètes d'aujourd'hui », Seghers, 1978.L'Art et le Démonique (essais), Flammarion, 1978.L'Extase et l'Errance (essai), Grasset, 1982.Pâque de la parole, Flammarion, 1983.Le Parfum et la Cendre (entretiens), Grasset, 1984.Les Orties noires (poèmes et prose), Flammarion, 1984.Heimat des Hauches, Elster, Baden-Baden, R.F.A., 1985.Une voix dans le défilé, Nouvelle Cité, 1985.La Manne et la Rosée (essai), Desclée de Brouwer, 1986.La Faille du regard (essais et entretiens), Flammarion, 1987.Wénderôwefir, Association Jean-Baptiste Weckerlin, Strasbourg, 1988.La manna e la rugiada,Éd. Borla, Rome, 1988.Aux sources de la littérature moderneI (essais), Entailles ? Philippe Nadal, 1989.Le feu d'une nuit d'hiver (poèmes), Flammarion, 1989.Leben in Jerusalem, Elster Verlag, Baden-Baden, 1990.Apprendre la nuit (poèmes), Arfuyen, 1991.La Terre et le Souffle, Claude Vigée, Actes du colloque de Cerisy, 1988, Albin Michel, 1992.Selected Poems, Menard-King's College Press, Londres, 1992.Dans le silence de l'Aleph (essais), Albm-Michel, 1992.L'Héritage du feu (essais-poèmes-entretiens), Mame, 1992.Le Puits d'eaux vives, Albin Michel, 1993.Un panier de houblon, t. II, l'Arrachement, J.-C. Lattès (à paraître).TRADUCTIONSCinquante Poèmes de R.M. Rilke,« Les Lettres », 1953, et « Jeunes amis du livre », 1957.Mon printemps viendra, poèmes de D. Seter, adaptés par Claude Vigée, P. Seghers, 1965.Les Yeux dans le rocher, poèmes de David Rokéah, traduits de l'hébreu par Claude Vigée, José Corti, 1968.L'Herbe du songe, poèmes d'Yvan Goll, traduits de l'allemand par Claude Vigée, Éditions Caractères, 1971 ; Arfuyen, 1988.Le Vent du retour, poèmes de R.M. Rilke, Arfuyen, 1989.Quatre Quatuors, poèmes de T.S. Eliot, traduits de l'anglais, The Menard Press, Londres, 1992.Toute connaissance est biographie.\u003cbr\u003e\nWilliam Butler Yeats, Explorations,\u003cbr\u003e\np. 397, Macmillan, New York 1962\u003cbr\u003e\nEt tout est toujours maintenant.\u003cbr\u003e\nT.S. Eliot, Four Quartets, Burnt Norton V\u003cbr\u003e\nNi avant ni après dans la Torah.\u003cbr\u003e\nTalmud de Babylone, Traité Pesa'chim 6 b.DÉDICACEL'arrière-été\u003cbr\u003e\nUn soir parmi les soirs volés dans le verger du temps qui fleurit, germe, brûle et meurt entre deux firmaments, j'ai rempli mon panier de rires et de pleurs pour jeter un grand pont sur les jours du malheur vers fillettes et fils de mes petits-enfants juchés très haut dans le pommier qui ruisselle de sève.\u003cbr\u003e\nPrince danseur bercé par l'influx du matin,une source d'eau viveentre la brume obscure et la tourbe du rêves'élancera demaindu nombril de la terre.Là mûrira mon fruitdans la double lumièrede la lune tardiveet du soleil levantque mon psaume d'arrière-été fiance avec sa nuit.Avant-ProposLA PAROLE DES JOURSA la fois genèse du monde et saga familiale assignée au génie du lieu, cette fable éclaire avec les mots d'aujourd'hui ce que signifia la réalité singulière d'une enfance vécue dans l'Alsace rurale d'avant-guerre maintenant disparue. Je ne me suis pas engagé à édifier pierre par pierre, selon une architecture préconçue, le château fort sans issues de mes souvenirs. Certes, j'évoque au passage les silhouettes de cent personnages hauts en couleur. Me fondant sur l'expérience énigmatique de trois générations de survivants provisoires, je prête ma voix aux histoires surprenantes qui me furent racontées au cours de ma jeunesse. Mais c'est à seule fin d'ouvrir au présent un jardin d'acclimatation vivant dans les terres en friche de notre mémoire.La conscience personnelle ne peut s'arracher au temps flétri des vieux almanachs qu'en rejoignant en soi-même la simultanéité où s'éprouvent, dans un maintenant éternel, tous ses moments passés d'existence. J'ai rêvé de susciter dans mon imaginaire un domaine magique du langage. Dans ce lieu de naissance paradisiaque autant qu'infernal voisinerait ce qui ne cesse d'arriver à l'instant où je parle dans l'espace touffu qui foisonne à l'entour des marécages, le long du Vieux-Rhin forestier hanté par les barques noires immobiles.Hors d'une mémoire d'enfance assez particulière il m'a fallu convoquer l'univers entier à l'aide des mots simples qui sont dans la bouche de tous les hommes. Le monde évanoui d'autrefois n'est pas invisible pour toujours : il m'est revenu fidèlement à l'esprit, à mesure que mon âme se mettait à vibrer, comme jadis, au contact de leur musique fugace ; le miracle, s'il eut lieu, est dû à l'écoute de la mélodie quotidienne enfouie au c?ur de ces paroles.Accueillant en moi les récits bizarres de mes anciens, j'ai capté leur propre enfance qui remontait vers la mienne, dès qu'à mon écoute les phrases arrachées à leur vieillesse illuminaient brusquement en chacun de nous les cryptes obscures de l'oubli. Ainsi prenait corps en moi l'idée musicale d'une descente puis d'une remontée sur l'échelle sonore du langage, jusqu'à la source indicible de toutes créatures mortes ou vives. Explorant les racines muettes qui nous furent un temps communes, j'ai voulu leur conférer de nouveau forme et structure, leur restituer un visage individuel bien qu'imaginaire, dans l'espace sans limites du livre qui nous parle à tous pour nous faire vivre ou revivre ensemble aujourd'hui.« L'exil naît de l'oubli », enseignait le Baal Shem-Tov, le créateur du mouvement hassidique en Europe orientale au XVIIIe siècle. Plutôt qu'à une fresque immuable, le monde d'autrefois traversé et fantasmé par ma parole actuelle rédemptrice de l'oubli ressemble à un kaléidoscope doué de sa vie propre, animé à partir de son centre silencieux d'un mouvement de rotation perpétuel comme les manèges de foire de mon enfance. Ses fragments de cristal innombrables aux couleurs tantôt vives, tantôt éteintes, surgissent, disparaissent, reparaissent, se modifient sans cesse en tournoyant sur eux-mêmes. Dès qu'ils changent d'aspect, ils font varier le sens qui s'y attachait. Ils gravitent comme des planètes vacantes autour de l'axe vertigineux que planta le travail de notre mémoire dans le champ du présent, le lieu de la conscience reconquise.Témoins d'un élan unique à l'?uvre sous la multiplicité des jours vécus, solidaires d'une seule lame de fond sous-jacente à l'éparpillement des instants gaspillés pour vivre, les caprices du souvenir et les brisures du temps de l'écriture ont fait voler en éclats ce qui demeurait d'indestructible, inscrit au fond de moi qui ai porté comme chacun la peine entière et la jouissance de ce monde.Malgré l'appel de la nuit, l'éclair du ressac courant sur le sable ose défier le jeu fatal du reflux. Le passage du vent d'aube à travers l'écume marine suffit pour insuffler à notre royaume en miettes la luminosité fragile que restituent parfois les mots chantés, enchantés, à la réalité défunte des êtres.\u003cbr\u003e\nLe lieu du germe\u003cbr\u003e\nSommeille tendrement,\u003cbr\u003e\ndouce âme évanouie,\u003cbr\u003e\ntrouve dans l'inconnu\u003cbr\u003e\nle corps perdu de ta lumière :\u003cbr\u003e\nsi te couvre la nuit, fais retour au sein nu\u003cbr\u003e\nqui germe dans le lieu de l'enfance enfouie,\u003cbr\u003e\nsous la paupière à demi close de la terre.\u003cbr\u003e\nPREMIÈRE JOURNÉEIL'extrême nord de l'Alsace ressemble à une petite mer de collines semées de vergers, de champs de blé, de maïs, de tabac et de colza. Mais au sommet de chaque coteau dansait lors de mon enfance une houblonnière, comme un grand corps de ballet à la tête couronnée de fanfreluches dorées. Quand il se fut retiré des affaires, mon aïeul Léopold, ancien marchand de céréales, de noix et de houblon, que poignaient la nostalgie de son village natal de Seebach et le regret de son commerce abandonné à cause de la dureté des temps, allait se promener à la fin de l'été dans les houblonnières plantées aux alentours de B...\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\nSource : Lattès Jean-Claude","brand":"Book Hémisphères","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":54208876675398,"sku":"V300134","price":2.5,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0517\/5915\/3314\/files\/0711426.jpg?v=1743195892","url":"https:\/\/www.livrenpoche.com\/products\/livre-un-panier-de-houblon-tome-i-la-verte-enfance-du-monde","provider":"Livrenpoche","version":"1.0","type":"link"}