{"product_id":"quand-nos-ancetres-partaient-pour-laventure","title":"Quand nos ancêtres partaient pour l'aventure","description":"INTRODUCTION?\u0026gt;27 septembre 1764.En pleine nuit, la foudre vient de s'abattre sur la ferme d'Antoine Journiat, à Lanobre, près de Champs-sur-Tarentaise, en Auvergne. L'alerte aussitôt donnée, les hommes se hâtent de partout, bien démunis contre le vent qui attise les flammes. En quelques minutes, la grange, pleine du foin et des moissons de l'été, se transforme en un gigantesque brasier. Les flammes s'élèvent dans la nuit, la pluie tombe à verse, les paysans hurlent. Quatre hommes, en effet, s'y étaient réfugiés.Quatre hommes venus de loin, quatre « estrangers ». Vers la fin de l'après-midi, après avoir marché sous un soleil de plomb, ils avaient frappé à la porte d'Antoine Journiat, portant sur leur dos une hotte pleine de trésors qu'ils avaient ouverte devant l'assistance ébahie : de la verroterie, des boutons, des rubans, des images d'Épinal aux couleurs vives..., autant de merveilles auxquelles il était difficile de résister. Et personne ne l'avait fait, chacun s'offrant un menu plaisir. Mais la hotte était à peine refermée que l'on avait entendu le roulement sourd du tonnerre et les quatre hommes avaient demandé s'ils pouvaient passer la nuit au sec, dans la grange.Tous quatre sont des « merciers-colporteurs ». Il s'agit d'Augustin Rolland et de ses compagnons, venus à pied d'on ne sait où, de la région de Thiers peut-être, ou du massif de l'Oisans, en Dauphiné, de Villars-de-Lans ou de Bourg, à plus de cent lieues de Lanobre, soit à plus de quatre cents kilomètres. Chez eux, ils sont paysans, mais chaque année, à l'approche de l'automne, ils partent sur les chemins pour une saison de colportage. Ils ont entre trente et cinquante ans ; ils sont sans doute mariés et pères de famille. Ils pourraient être ? ils sont peut-être ? vos ancêtres. S'en sortiront-ils vivants ? Reverront-ils leur village, leur femme et leurs enfants ?\u003cbr\u003e\nIls sont des milliers, comme eux, qui parcouraient autrefois chaque année les routes de notre pays. Des milliers d'hommes, simples et anonymes, qui cheminent à la recherche d'une vie meilleure. Des milliers d'hommes qui jouent chaque jour un formidable quitte ou double avec la vie. Des milliers d'hommes qui, un beau matin, partent pour l'aventure. Car c'est bel et bien une aventure qu'ils vont vivre et poursuivre : une aventure à la fois folle, dangereuse et extraordinaire. En un temps où l'on a son hameau et sa paroisse pour seul univers, ces hommes vont tout quitter pour faire tourner la roue de la fortune. Ainsi, en cette nuit du 27 septembre 1764, le destin d'Augustin Rolland et de ses compagnons peut s'arrêter brusquement dans cette grange en feu de Lanobre, comme il peut les conduire à l'autre bout de la France ou du monde.Leur condition aurait voulu qu'ils meurent chez eux, dans leur village, auprès des leurs, aussi pauvres que leurs parents, et voilà qu'ils se sont dressés contre elle, comme le font bien d'autres, avec toutes les variantes possibles. Le Béarnais Jacques Sourdens, le Creusois Martin Duphot, l'Alsacien Didier Stemmer, l'Aveyronnais Jean Laveissière, le Dauphinois Émile Charpenel, tous fils de petits paysans, tous partis un jour, à pied, de leur village natal, mourront. Le premier, seul, dans la chambre basse et sombre d'une auberge de campagne au bord d'une route, le deuxième en tombant d'un échafaudage dans le Paris en pleins travaux du baron Haussmann, le troisième du choléra, en Algérie, entre deux Arabes en turban, le quatrième, dans un château ? son château ? en région parisienne et le cinquième multimillionnaire, à Mexico.Destins divers et émouvants. Destins qui ont toujours provoqué mon admiration, chaque fois qu'au cours de mes recherches généalogiques, j'ai eu l'occasion de les rencontrer ou de les croiser, qu'il s'agisse de l'étranger inconnu retrouvé mort dans un chemin creux et dont le curé, dans son acte de sépulture, va se contenter de décrire les vêtements, ou de l'artisan de passage qui se fixe à l'endroit où il a succombé aux charmes de quelque blonde. Les uns ont été mes ancêtres. Les autres, non. Peu importe... A chaque fois, je me suis demandé ce qui avait bien pu les amener ici et quelle avait été leur route. Et un jour, j'ai voulu savoir, savoir pourquoi Augustin Rolland et ses compagnons dormaient ce soir-là dans cette grange foudroyée, savoir comment Jean Laveissière ou Émile Charpenel étaient devenus millionnaires.J'ai voulu les approcher et les observer, connaître leurs métiers, leurs habitudes, mesurer leur pari, leur courage. Et, en les étudiant ? maçons de la Creuse, bougnats auvergnats, colporteurs dauphinois ou ramoneurs savoyards ?, j'en ai découvert d'autres, cheminant auprès d'eux, animés des mêmes forces et des mêmes espoirs, et tout aussi attachants : porteurs d'eau aveyronnais, scieurs de long foréziens, galvachers morvandiaux, rouliers jurassiens, instituteurs ubayiens, châtreurs béarnais, taupiers normands... Sur ces mêmes routes, j'ai eu la surprise de rencontrer aussi des femmes, comme les nourrices bourguignonnes ou les bonnes bretonnes, et de croiser d'autres individus encore, partis de leur pays pour l'amour de Dieu, du roi ou de la patrie, protestants chassés lors de la révocation de l'édit de Nantes, nobles suivant l'armée des Princes en exil pour échapper à la guillotine, Alsaciens quittant leur province devenue allemande... Sur les mers, enfin, j'ai croisé les Normands partis conquérir la Nouvelle-France, les Basques embarqués pour la Pampa argentine, les riches cotonniers corses établis à Porto Rico ou encore les Alsaciens participant à la ruée vers l'or.Tous ces hommes et ces femmes aux destins attachants, me sont apparus à la fois lointains et très proches, tant ils ressemblent, par bien des aspects, aux migrants de notre XXe siècle : Russes blancs réfugiés à Paris, Arméniens fuyant le génocide, Polonais venus travailler dans nos mines, maçons italiens, bonnes espagnoles ou concierges portugaises... Bien avant Linda de Suza, des milliers d'hommes et de femmes ont porté aussi leur « valise en carton ». Tous ont voulu tenter leur chance, gagner leur « Far West ». Tous ont vécu des nuits d'angoisse et d'orage comme Augustin Rolland et ses compagnons en ce 27 septembre 1764.Tous m'ont passionné et je fais ici le pari de vous passionner à mon tour en vous racontant leur histoire, l'histoire de ce qu'ils ont vécu en partant pour l'aventure.?\u0026gt;CHAPITRE PRÉLIMINAIRE?\u0026gt;Par monts et par vaux : la longue marche de nos ancêtres?\u0026gt;On croyait les routes d'autrefois désertes et nos ancêtres sédentaires et voici que sur les routes, à travers bois et forêts, par les ponts ou par les gués, on découvre une formidable humanité qui va et qui vient, sans cesse, à pied, à cheval, en voiture, en chariot ou en diligence !Hommes ou femmes, civils ou militaires, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, ils vont en effet par monts et par vaux, seuls ou en bandes. Si les hommes sont les plus nombreux, on verra bientôt certaines femmes les imiter et des familles entières prendre elles aussi la route.Aux côtés des civils, de loin majoritaires et généralement pauvrement vêtus, un simple balluchon à l'épaule, d'autres cheminent en uniforme, courbés sous le poids de leur havresac, soldats réformés, permissionnaires, déserteurs ou encore militaires inactifs aux temps lointains des armées de mercenaires. A chaque trêve, celles-ci jetaient en effet des hordes de soudards par les chemins, comme elles y jetaient, en temps de guerre, des légions de déracinés et de sinistrés dont on avait rasé ou pillé les maisons. Sans oublier les pitoyables convois de galériens, en marche vers les bagnes de Brest, de Rochefort, de Marseille ou de Toulon, encadrés d'argousins féroces et chargés de fers et de boulets aux résonances presque aussi sinistres que les crécelles des lépreux d'antan.Ces miséreux croisent parfois les riches équipages de seigneurs voyageant dans de superbes carrosses ou de luxueuses chaises de postes : nobles se rendant à la cour ou regagnant leurs terres, accompagnés de leur suite de laquais, chapelains, secrétaires et caméristes. Ils croisent aussi les colonnes des pèlerins se rendant aux lieux saints, principalement à Saint-Jacques-de-Compostelle, tout à l'ouest de la pénins...\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\nSource : Lattès Jean-Claude","brand":"Book Hémisphères","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":54700551930182,"sku":"V2174209","price":3.99,"currency_code":"EUR","in_stock":false}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0517\/5915\/3314\/files\/1138130.jpg?v=1748258228","url":"https:\/\/www.livrenpoche.com\/products\/quand-nos-ancetres-partaient-pour-laventure","provider":"Livrenpoche","version":"1.0","type":"link"}