Agacements. Les petites guerres du couple

Jean-Claude Kaufmann

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  • chez Armand Colin
  • Genre : Sociologie
  • 254 pages
  • Paru en 2006 dans cette collection
  • EAN : 9782200350376

Introduction?>«Ça, ça m'agace! ça m'énerve! ça me met en effervescence ! Que chacun ait son petit bazar, O.K., mais dans ses coins à lui. Vous pouvez demander à mes voisins le nombre de fois où ils m'entendent hurler parce que mon mari laisse traîner ses affaires ; ils ont l'habitude. Faut pas dire d'ailleurs que ce soit très efficace, mais ça me fait du bien. » Généreusement, Agnès concède cependant les circonstances atténuantes au présumé coupable, en reconnaissant qu'elle est «un peu maniaque» pour le ménage. «C'est pas mon idéal, hein, dans la vie, le ménage. Mais dès que ça traîne, ça m'énerve ! » Et puis, autre circonstance atténuante, il y a la question du repassage, où les rôles d'agaceur et d'agacé sont inversés. Autant son corps se met instantanément en action pour ranger, autant il se fait lourd et rétif face au repassage. Submergée par la pénibilité dès qu'elle installe sa table de torture, elle ne parvient pas à trouver la motivation. Et surtout il y a l'agacement, lancinant, explosif dès que son regard est accroché par l'abominable tas de linge. Qui irrémédiablement grossit et grossit encore. Elle a donc imaginé une astuce. «Quand mon panier à linge m'a énervé un grand coup, je le soustrais à ma vue, je le planque dans un coin discret. Je le mets en attente, on n'est pas à une journée près. » Hélas, quand elle le redécouvre soudainement, l'agacement la saisit encore plus fort.Le problème des chemises est né de là, problème qui pendant des années a envenimé leur vie conjugale, alors qu'ils s'aimaient, comme ils s'aiment aujourd'hui. Les couples heureux aussi ont une histoire. Il suffit de suivre la piste des petits (ou gros) agacements pour la découvrir.Jean n'a jamais manqué d'une chemise repassée pour aller à son travail. Mais combien de fois cet exploit ménager n'a-t-il été réalisé qu'à la dernière seconde, après qu'il eut tenté de contenir en lui une infinité confuse de sensations extrêmes; angoisse, colère, haine ! Le pire étant sans doute d'entendre le rire d'Agnès. Un rire franc et sonore, contrastant avec son drame intérieur. Jean décida d'acheter une machine professionnelle, une presse à repasser. Sans vrai résultat. Le problème ne fut enfin réglé que par l'embauche d'une personne à domicile, qui vient désormais deux fois par semaine, uniquement pour le repassage. Plus de chemises menaçant de manquer, finis les méchants éclats de rire qui lui faisaient si mal. Jusqu'au jour où le sociologue (après qu'ils aient répondu séparément aux questions) leur demanda de confronter leurs deux points de vue dans un entretien conjugal. Les chemises revinrent sur le devant de la scène ; Agnès entra dans des fous rires à perdre haleine; Jean eut beaucoup de mal à garder son calme. Ils racontaient deux histoires, totalement différentes à la fois dans leur contenu et par la tonalité du récit.-Agnès : «Ah ça c'est un truc qui me fait rigoler, mais qui me fait rigoler ! »? Jean : « Moi je ris pas du tout, c'est très sérieux ! »
La divergence se fit encore plus vive au sujet de l'épineuse question des boutons. «Je ne sais pas comment il se débrouille, il a toujours ses boutons de chemise décousus. Alors ça c'est une source de!... Il s'énerve là-dessus, c'est incroyable ! C'est vrai je vais repasser une chemise, et je vois, effectivement, que les boutons sont plus ou moins défaits. Mais bon, j'y fais pas attention plus que ça. Et au moment de mettre la chemise, il y a un bouton qui lâche ! » Agnès éclate de rire, si fort qu'elle a bien du mal à poursuivre. «Alors là il explose : "Mais tu peux pas faire attention enfin quand tu ranges la chemise !" Je crois que c'est le seul sujet d'énervement dans notre couple, c'est les boutons.» Nouvelle interruption due au fou rire. Elle parvient quand même à conclure : «Lui, ça doit l'énerver beaucoup! Bon, mais il n'y a pas de quoi en faire une histoire. » Jean justement en fait toute une histoire. Il ne comprend pas cette attitude qu'il considère comme très agressive à son égard, alors qu'il a déjà essayé mille fois d'expliquer diplomatiquement son tourment à Agnès. Surtout il ne comprend pas ce rire intolérable, qui lui fait si mal. Elle l'accuse d'un soi-disant «mystère» dans son comportement, expliquant qu'il fasse ainsi sauter les boutons de chemise. «Je ne sais pas comment il fait son compte, moi ça tient. » Lui est persuadé que tout vient de la couture industrielle, trop superficielle, qui doit être reprise à la main. Ne participant à aucune tâche ménagère, il n'ose pas trop faire porter l'accusation davantage sur Agnès. Jean a étéélevé par sa grand-mère, et il se souvient très bien que c'était la première chose qu'elle faisait après l'achat d'une chemise : recoudre les boutons. C'est d'ailleurs pourquoi, au plus fort de la crise (bien qu'il soit marié et père de trois enfants), il décida de ramener ses chemises à sa grand-mère pour qu'elle recouse les boutons. Ce qui fit encore plus rire Agnès. Puis (entre le premier entretien et la confrontation conjugale) la repasseuse-ravaudeuse à domicile solutionna définitivement le problème.

Source : Armand Colin

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