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Dans les bras d'un ennemi
Dans les bras d'un ennemi
- Jacqueline Baird
- Azur n°3179
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Français
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Description
1.?>Lorenzo resta pensif devant les photos étalées sur la table du restaurant.Manuel Cervantes, tête pensante d'un conglomérat argentin qui comptait parmi les plus anciens clients de la banque d'affaires Zanelli dont Lorenzo était propriétaire, venait de partir. Leur déjeuner s'était déroulé sans accroc. Mais, à la seconde où les questions financières avaient été réglées, Manuel avait abordé un sujet plus personnel et donné à Lorenzo des tirages photographiques plutôt inattendus...? Comme j'ai un appareil numérique, maintenant, j'avais oublié que j'avais emporté mon vieil argentique dans les Alpes. Du coup, je n'ai retrouvé cette pellicule que bien après. Je n'avais aucune idée de ce qu'il pouvait bien y avoir dessus.Sur l'une des photos, Lorenzo avait découvert son frère, Antonio, en compagnie de son ami Damien Steadman. Tous deux portaient d'éclatantes combinaisons rouge vif et souriaient de toutes leurs dents. Ils s'apprêtaient, tout comme Manuel, à se lancer dans une ascension difficile du mont Blanc. Quelques minutes après la photo, ils commençaient leur excursion.? Moi, je n'ai pas pu entamer la mienne si tu te souviens bien, avait expliqué Manuel. On venait de m'apprendre que mon père avait eu une crise cardiaque.Sa dernière photo était une vue des sommets qu'il n'atteindrait pas, rapatrié pour rejoindre en urgence le chevet de son père. Antonio non plus n'avait jamais atteint le sommet : il était mort pendant l'ascension.? Je suis désolé de te rappeler des souvenir douloureux, Lorenzo. Mais j'ai pensé que tu aimerais avoir ces photos, les dernières d'Antonio vivant...Lorenzo avait chaleureusement remercié son client et ami. Puis ils avaient terminé le repas sur une note plus gaie ? ils partageaient, entre autres, l'amour de la mer ? et s'étaient séparés.Lorenzo poussa un long soupir et, d'un geste rapide, ramassa les clichés avant de se lever. Quelle coïncidence que ces photos parviennent en sa possession le jour même où il devait rencontrer Lucy, la s?ur de Damien Steadman !Sur le chemin du retour, il était perdu dans ses pensées lorsqu'il entra littéralement en collision avec Olivia. Il ne put refuser de prendre un café avec son amie de longue date.***Lorsque Lorenzo pénétra dans le hall de la banque, la réceptionniste lui lança un regard de connivence en lui désignant d'un bref mouvement du menton la jeune femme assise qui lui tournait le dos. Sa conversation avec Olivia lui avait complètement fait oublier son rendez-vous avec Lucy Steadman ! Il n'avait ni le temps ni le c?ur de s'occuper d'elle, mais s'en approcha cependant.Il se souvint soudain l'avoir croisée plusieurs années auparavant, lors d'un voyage d'affaires à Londres, à l'époque où leurs deux frères se fréquentaient. Damien Steadman et Antonio Zanelli s'étaient rencontrés à Londres ; ils étaient devenus bons amis, puis colocataires. Une amitié qui s'était éteinte tragiquement...? Lucy Steadman ? s'enquit-il, capturant le regard vert de la jeune femme. Désolé de vous avoir fait attendre, je n'ai pas pu faire autrement.Elle se leva, et il s'aperçut qu'elle n'avait pratiquement pas changé. Petite ? elle atteignait à peine son épaule ?, ses cheveux auburn étaient attachés en un chignon souple au-dessus de sa tête. Elle n'était pas maquillée. Le sweat-shirt d'adolescente avait été remplacé par un tailleur noir à longue jupe, qui ne la mettait pas en valeur. Ses chaussures plates avaient connu des jours meilleurs. Elle ne semblait pas porter grand intérêt à son apparence, un trait qui lui déplaisait chez une femme.Lucy leva les yeux vers l'homme qui se tenait debout devant elle. Antonio lui avait dit un jour que son frère, plus âgé que lui, était un banquier terne et ennuyeux, incapable d'apprécier les bonnes choses de la vie. Maintenant, elle comprenait ce qu'il avait voulu dire...Il mesurait bien plus de un mètre quatre-vingts et portait un costume noir sans fantaisie, une chemise blanche, une cravate unie de couleur sombre. Cet homme avait les moyens... Ses larges épaules étaient admirablement mises en valeur par la coupe de la veste. Il avait l'air sévère et ne souriait pas.Dans sa description, Antonio n'avait pas relevé une chose qui frappa immédiatement Lucy, même avec le peu d'expérience qu'elle avait des hommes : Lorenzo Zanelli était cent pour cent mâle, enveloppé de l'aura subtile et du charme animal que toute femme adulte reconnaissait infailliblement. Malgré l'austérité de son style vestimentaire, ses épais cheveux noirs étaient un peu plus longs que la normale et venaient caresser le col de sa chemise. Les traits de son visage étaient bien dessinés tandis que des sourcils bien fournis surmontaient ses yeux bruns et profonds, presque noirs.? Vous devez être Lorenzo Zanelli, dit-elle en tendant la main.? Exact, mademoiselle Steadman.Sa poignée de main était ferme et rapide, mais la vague de sensations qui s'empara de Lucy au moment où ils se touchèrent la troubla bien après qu'il eut relâché sa main. Elle avait l'étrange impression que Lorenzo lui était familier, sans pourtant se souvenir de l'avoir rencontré auparavant ? et sans qu'il ressemble à son cadet.Il n'était pas beau au sens conventionnel du terme ; quelque chose de fascinant émanait de lui, de son visage surtout. On pouvait y lire une détermination et une force de caractère indéniables, ainsi qu'une pointe subtile de sensualité très intrigante. Les yeux de Lucy s'attardèrent sur ses lèvres parfaitement ciselées, et elle se prit à s'imaginer à quoi ressemblerait un baiser de lui... Sensuel et ravageur sans nul doute. Un léger tremblement la saisit et, choquée par la réponse inhabituelle de son corps, elle ferma un instant les yeux pour chasser l'étrange fascination qui s'était emparée d'elle à la vue de cet homme dont elle avait toutes les raisons de se méfier...Lucy s'expliqua son moment d'absence par l'ironique conclusion que Lorenzo Zanelli était le genre d'homme avec lequel il fallait y regarder à deux fois. Elle aurait bien aimé peindre son portrait. Reprendre le contrôle de la situation avec une approche plus professionnelle la tira de sa rêverie.? Je connais la raison de votre visite, reprit Lorenzo d'une voix profonde, teintée d'un léger accent italien.Elle lut un peu de dédain dans son regard, et ses joues s'empourprèrent à l'idée d'avoir été surprise en pleine contemplation.Bien sûr qu'il savait le pourquoi de sa visite, elle lui avait écrit au préalable...La raison première de son voyage en Italie avait été la livraison d'un portrait de son mari défunt à une comtesse italienne. Celle-ci avait commandée la peinture après être entrée dans la galerie d'art de Lucy, située dans une ville touristique de Cornouailles. Ravie de cette opportunité de faire connaître son travail à l'étranger, Lucy s'était sans tarder mise à l'?uvre, après avoir reçu par la poste des dizaines de photographies du mari.Non pas qu'elle recherchât particulièrement le succès, dans un monde où une voiture prise à la casse et exposée dans un musée se vendait des millions, mais il était réconfortant de se sentir appréciée pour son talent. Elle savait avoir un don certain dans l'appréciation des détails et la capture de ce qui faisait l'essence d'une personnalité. Ses peintures à l'huile, larges toiles ou miniatures, plaisaient beaucoup, et de plus en plus.Elle avait confirmée sa venue à la comtesse dès qu'elle avait enfin pu obtenir un rendez-vous avec le signor Zanelli à Vérone. Après un appel qui n'avait débouché sur rien, elle avait écrit à la Banque Zanelli pour lui demander son soutien. Il s'agissait de décourager la tentative de rachat des Plastiques Industriels Steadman par Richard Johnson, un des principaux actionnaires de la firme familiale. En réponse, elle avait reçu une courte lettre d'un des gestionnaires, précisant que la banque ne remettrait pas en question sa politique d'investissement.En dernier recours, elle avait fini par adresser une autre lettre, à Lorenzo Zanelli lui-même cette fois, annotée sur l'enveloppe de la mention « Personnel ». A partir de tout ce qu'elle avait entendu ou lu sur l'homme, elle se l'était imaginé sous la forme d'un archétype mâle, excessivement riche, totalement insensible aux ...
Source : Harlequin-
Caractéristiques
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Auteur
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Edité par
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Date de sortie2011
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Nb. de pages151
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EAN9782280235938
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