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La folie du K2

La folie du K2

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  • Description

    « On a appelé K2 ‘‘la montagne des montagnes.’’ C’est une pyramide de 5 km de large et 3,5 de haut, une masse de gneiss, de schistes et de granit équivalente à 37 Cervins, flanquée à l’Ouest d’un pyramidon blanc, l’Angélus. Il faut imaginer son sommet non comme un lieu physique, point de rencontre de cinq arêtes montant de la Chine et du Pakistan mais comme une bulle. Un espace de non-vie aux confins de la stratosphère » où l’air pèse trois fois moins qu’au niveau de la mer, où le vent frappe avec la violence du jet stream. Tous les alpinistes qui, plus tard parviendront à en redescendre exprimeront à leur manière cette sensation que nulle montagne au monde, pas même l’Éverest, ne procure avec cette intensité. Chantal Mauduit, (sommet le 4 août 1992) se laisse surprendre par la nuit, s’endort, parle à ses orteils. Elle rejoindra sa tente au matin, à demi aveugle et léthargique. Plus tard, elle comparera cela à l’ivresse des profondeurs : dans le grand blanc aussi, la vie tient à un souffle. Greg Child (sommet le 20 août 1990) écrira : « Le K2 est une mise à l’épreuve, une personnification géoloqique de l’angoisse. L’escalader est une confrontation permanente avec la peur de la mort. » Christophe Profit (sommet le 15 août 1991) parlera d’un instinct de fuite, d’une folie qui sauve. D’autres, piégés dans la sphère léthale, ne sont pas revenus pour raconter les forces qui s’épuisent ou le vent polaire qui cloue sur place. Pour la première fois ce 19 juillet 1939, deux hommes sont arrivés aux limites de la bulle. »

    Source : Editions Guérin
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