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Allez, allez !

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  • Description

    Le 18 août 1904, Emile Mazagran fête ses onze ans. Il ne le fête pas en famille, car il est seul avec sa mère. Il ne le fête pas entre amis, car il est seul et méchant. Il le fête en tuant un chien et en écrivant un poème en hommage à ce chien. Emile a l'habitude d'écrire. Tous les jours, il écrit une lettre à son père. Il ignore son nom. Il ne sait comment le joindre. Il sait seulement que son père, en partant très loin, il y a très longtemps, lui a laissé son manteau et un gros Atlas. Emile se serre dans le manteau et tous les soirs, il lit le livre. Le mardi est le jour de l'Asie, c'est le jour préféré d'Emile. Henri Làhaut, qui est journaliste et qui connaît tous les pays du monde, s'occupe de diffuser les lettres. Un jour, Emile reçoit une réponse. Son père lui donne rendez-vous, dimanche à Monthermé. Emile prend la route. Il s'éloigne du bistrot "Si Julie revenait". Il longe le fleuve, il brave le ciel, il croise des hommes chauves et moustachus, des chiens couchés et silencieux. Et enfin, il arrive et il apprend qu'il est le fils de Dieu. Il ne se sent plus. Il ricane. Et puis, il se met à accomplir des miracles. Alors Emile ne ricane plus du tout. Il déniche un Nouveau Testament, l'apprend par cœur. Il recrute ses disciples, à commencer par Petit Robert, dit "Crâne-de-pou" et leur enseigne sa parole : "Quand on te frappe sur la joue gauche, tends la joue droite. Et quand l'autre t'envoie un pain dans la joue droite, tu files un coup de pied dans son tibia." C'est un programme qui convient tout à fait aux hommes chauves et moustachus dont le pays, là-bas, au loin, est ravagé par une guerre injuste...

    Source : Ecole des Loisirs
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