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Anthologie du slam

Anthologie du slam

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    Né aux États-Unis dans les années 80 et plus particulièrement à Chicago, sous la houlette de Marc Smith, le slam est arrivé en France au début des années 90. En bon français le slam c’est ce qui gifle et bouscule les mots. Consacré par le film éponyme de Marc Levin (caméra d’or à Cannes en 1998), le «spoken words» se situe aux frontières de la littérature, de l’improvisation et des joutes oratoires. Fille de la rue, des bistrots, des cages d’escaliers où l’on affûte sa tchatche à coup de joutes verbales, le slam n’est ni du rap, ni de la poésie de salon: c’est plutôt un nouveau mode d’expression orale issu du bitume. Trop longtemps noyés dans les chansons sous des trombes de notes, les textes apparaissent enfin dans toute leur crudité. Leurs mots brutaux et leurs phrases abruptes pénètrent les crânes comme des balles explosives.
    Peu reconnu encore aujourd’hui, le slam version française a cependant très vite rencontré à Paris un public surpris et enthousiaste. Chaque semaine, des hurluberlus de toutes origines sociales (on voit défiler sur scène toutes les générations, du rappeur adolescent au professeur de français à la retraite) se retrouvent dans des bars, des clubs, des associations. De l’héritage américain, la France n’a conservé que 4 règles: offrir un verre pour un poème déclamé; ne faire passer qu’un slameur à la fois; ne pas utiliser de fond musical et ne pas dépasser les cinq minutes sur scène.
    Au large des cercles littéraires autorisés, les vers dévalent ainsi le pavé, s’installent derrière les zincs, s’affichent sur les murs de la capitale. Pour y participer il suffit juste d’avoir envie de monter sur scène pour, à ses risques et périls, y déclamer, hurler ou murmurer un texte qu’on a écrit, qu’on a aimé lire ou qui passe par la tête. Tous les sujets sont abordés sans distinction de style: coup de gueule salutaire, badinerie improvisée, manifeste, poème fétiche... Les banalités croisent des instants poignants: on y parle d’amour, de son chat, d’érotisme, d’écologie, de politique ou de révolution.

    Source : Seghers
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