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La fugitive des highlands

La fugitive des highlands

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  • Description

    À cette époque...

    Le héros de ce roman situé en 1563 est un rebelle irlandais qui s'est évadé des geôles anglaises. En effet, sous le règne d'Elisabeth Ire (1558-1603), l'Irlande subit une répression anticatholique féroce reposant sur une politique de terre brûlée et d'extermination, transformant des régions prospères et peuplées en déserts stériles. Entre la guerre et les expropriations, un inévitable processus de désintégration sociale s'amorce, qui, petit à petit, détruit la structure de la société irlandaise et ronge sa capacité de résistance. Bon nombre d'expropriés, n'ayant plus rien à perdre, commencent à rejoindre les bandits de grand chemin qui sévissent dans le pays. D'autres prennent le maquis pendant une guerre de neuf ans qui les oppose, sans succès, à l'occupant. Plus tard, avec ce que l'on appelle la « fuite des comtes », une partie de la noblesse irlandaise quitte le pays pour aller servir dans les armées continentales. Cet exil, même s'il reste marginal, a pour conséquence de priver le pays de son élite traditionnelle. Par la force des choses, ce sont les prêtres qui vont venir combler le vide intellectuel ainsi créé.Prologue

    Une prison à Londres, Angleterre, 1566

    Au bruit des bottes résonnant soudain dans les sombres corridors, tous les prisonniers, alarmés, levèrent la tête. Ils savaient que les corrections étaient administrées la nuit, sans témoins.

    Quand les pas s'arrêtèrent devant la porte de leur cellule, les deux frères se regardèrent, déjà résignés à subir la violence du geôlier. Alors que deux gardiens se disposaient à monter la garde à l'extérieur du cachot, celui qui tenait le fouet introduisit la clé dans la serrure, ouvrit, entra. Les rats fuirent pour échapper à la faible lumière qui pénétrait l'atmosphère moite et puante. Bien planté sur ses jambes écartées, les poings sur les hanches, le geôlier contempla ses victimes. La torche fumante donnait à son visage l'apparence d'un masque diabolique.

    ? Qui veut être le premier ?

    Sans un mot, le plus grand des deux prisonniers s'avança pour se placer devant son jeune frère.

    ? Non, Kieran, protesta aussitôt ce dernier. Il va encore te torturer jusqu'à l'évanouissement.

    ? Voyons s'il sera homme à cela, répondit tranquillement Kieran.

    Effleurant ses blessures encore mal cicatrisées, il pria le Ciel en espérant que son bourreau épuiserait la plus grande partie de son énergie sur lui avant de s'acharner sur son cadet.

    ? Pousse-toi ! grommela le geôlier. Je connais ton jeu ! Quatre nuits déjà que tu te laisses battre comme plâtre. Cette fois, j'ai envie de commencer par le petit jeune !

    Mais sa main, qu'il levait déjà, fut prise dans un étau d'acier. Etonné, il fixa le prisonnier capable de démontrer encore si grande force.

    ? Quoi ? hurla-t-il. Tu oses me défier ? Gardes ! Saisissez-vous de lui !

    Aussitôt les deux gardes abandonnèrent leur torche et se jetèrent sur Kieran qu'ils renversèrent et plaquèrent au sol. Avec un mauvais sourire, le geôlier reprit :

    ? Je vais maintenant te dire la vérité, puisque tu ne vivras pas assez longtemps pour la répandre. J'ai reçu des ordres pour que vous ne sortiez pas vivants d'ici, ton frère et toi. Et veux-tu que je t'annonce le plus amusant ? Vous avez été trahis par un homme qui se prétend votre ami. Cela dit, rassurez-vous : inutile de vous faire des cheveux à propos de votre chère maman. On va prendre bien soin d'elle. Car c'est une femme agréable, n'est-ce pas ? Vous voyez ce que je veux dire ?

    Puis, avec un rire démoniaque, il abattit son fouet sur le plus jeune, encore et encore.

    Kieran se sentit soudain possédé d'une rage si puissante que les deux gardiens ne purent le contraindre davantage. Déchaînant ses forces, il se libéra, assomma les deux hommes qui tombèrent sur le sol, inanimés. Puis, poussant un cri de fauve, il prit le geôlier à la gorge.

    ? Dis-moi qui nous a trahis, ordonna-t-il d'une voix de tonnerre.

    Le geôlier lui répondit d'un regard plein de mépris. Il garda lèvres closes.

    ? Son nom, ou je jure que tu mourras !

    L'homme se contentant de ricaner à cette menace, Kieran ne se sentit plus de fureur.

    ? Alors, s'écria-t-il, emporte ton damné secret dans la tombe !

    Il entendit avec plaisir le craquement des os broyés sous sa formidable poigne. Puis, abandonnant le geôlier inanimé, il s'agenouilla près de son frère ensanglanté par les coups de fouet.

    ? Tiens bon, Colin. Nous quittons cette prison. Nous rentrons à la maison.

    Avec une tendresse qu'on n'aurait pas attendue chez pareil colosse, il prit le garçon dans ses bras pour l'emporter dans le dédale des sombres corridors. Ainsi sortirent-ils, sans encombre, de la prison où ils croupissaient depuis plus d'un an, et parvinrent à quitter la ville sans être inquiétés. Kieran marcha toute la nuit sans s'arrêter. Puis, quand l'horizon blanchit à l'est, lui annonçant le lever du jour, il grimpa dans une meule de foin et serra son frère contre lui afin de le réchauffer. Il murmura :

    Source : Harlequin
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