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Mariée pour l'honneur

Mariée pour l'honneur

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    Prologue?>? Et si je refuse de vous épouser?Ionanthe avait beau faire de son mieux pour rester impassible, elle savait que sa voix tremblait légèrement.Max la dévisagea, imperturbable.? Je crois que vous connaissez la réponse à cette question.Les rayons du soleil couchant, pénétrant par la fenêtre de la tour, réchauffaient la masse sombre des cheveux de la jeune femme et baignaient d'un éclat doré ses traits fins, d'une beauté classique. C'était une femme du XXIe siècle, prisonnière de traditions sauvages et archaïques, songea Max.L'intensité des émotions qu'elle éveillait en lui le prenait de cour. C'était un dangereux mélange de désir et de compassion, deux sentiments qu'il n'aurait pas dû ressentir.En particulier le désir.Immédiatement, il se détourna, pareil à un adolescent un peu trop enthousiaste trahi par ses hormones. A ceci près qu'il n'était plus un adolescent. Et il était parfaitement capable de se contrôler. Il se promit en silence de ne plus se faire surprendre.Ce n'était pas par plaisir qu'il était là, dans cette pièce, avec cette femme. Sa tâche était ingrate et il ne l'accomplissait que par devoir. Il méprisait les circonstances qui les avaient réunis, il méprisait ce qu'il avait à faire. Mais c'était soit la sacrifier elle ? et lui au passage, d'ailleurs ?, soit sacrifier son peuple tout entier.Le choix était vite fait. Le doute était un luxe et il ne pouvait se permettre, dans sa position, d'écouter ses émotions. Son devoir passait avant tout. Et ce devoir, il l'avait accepté le jour où il était devenu le prince régnant du Fortenegro. Il devait servir son peuple. Et Ionanthe également.Ses émotions de nouveau sous contrôle, il se tourna vers elle. L'avenir d'un pays tout entier reposait sur ses épaules. Il aurait préféré se montrer honnête avec elle mais comment le pouvait-il, connaissant la famille de Ionanthe ? Son grand-père, il le savait, avait été un intrigant de premier ordre. Ses petits-enfants avaient immanquablement hérité de ses qualités. Il était bien placé pour le savoir !Elle le dévisageait sans ciller, la mine hostile.? Vous voulez dire que je serai jetée en pâture aux loups, c'est ça ? Je serai livrée au peuple, qui me fera payer la dette d'honneur que ma famille a contractée envers vous ?Max ne répondit pas et elle partit d'un rire amer.? Et vous osez prétendre que vous êtes un homme moderne?? Je ne suis responsable ni du crime, ni du châtiment. J'ai les mains liées, tout comme vous.Elle baissa les yeux. Il avait raison. La seule façon d'expier les crimes de sa s?ur était d'accepter de l'épouser et de lui donner un héritier mâle. Ou d'être livrée à la populace pour subir une punition féodale qui n'avait de justice que le nom.Comme elle tardait à répondre, Max se perdit dans ses pensées, revoyant les événements qui les avaient tous deux conduits dans cette impasse...?>1.?>? Le crime doit être puni, Votre Altesse, déclara le conseiller d'un ton solennel, posant un regard sévère sur Max.Le comte ne cherchait pas à dissimuler son mépris. Max savait que le vieil homme le considérait comme un bien piètre souverain pour le Fortenegro ? la citadelle noire, un nom dû aux falaises sombres qui protégeaient la côte sud de l'île.? Justice doit être rendue, martela le comte Petronius.Comme la plupart des conseillers, le comte affichait une soixantaine avancée. La société du Fortenegro était farouchement patriarcale, ses lois dures et parfois cruelles reflétant sa mentalité passéiste. Une mentalité que Max avait bien l'intention de changer.C'était la seule raison pour laquelle il avait accepté de succéder à son défunt cousin. Il voulait faire ce dont son père avait toujours rêvé : tirer son pays de l'obscurantisme et l'ouvrir à la modernité. Mais cela demanderait, il le savait, du temps et de la patience. Il devait d'abord gagner le respect de son peuple, puis sa confiance.Et si ce peuple se méfiait instinctivement du changement, que dire de ses conseillers ? Ils étaient pires encore, refusant en bloc tout ce qui menaçait des siècles de tradition. Même quand ces traditions étaient totalement barbares, comme celle qui le préoccupait en ce moment.

    Source : Harlequin
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