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Les saisons de Giacomo

Les saisons de Giacomo

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  • Description

    « La guerre et la Vénétie ! Mario Rigoni Stern n'est jamais sorti de ce cadre-là. Répétons-le : il n'est pas un strict romancier. Il ne se brûle à aucun des feux de l'imagination. La réalité, sa réalité, a été trop âpre, trop obsédante. Elle l'a comblé. Il en a fait un monde. Une Œuvre. En témoigne encore Les Saisons de Giacomo. Le portrait d'un garçon qui avait été son camarade de jeu dans un village qui désormais n'existe plus ou est devenu un centre de villégiature. Mais entre les deux guerres y subsistaient encore quelques familles dont les pères travaillaient donc comme récupé-rateurs, quand ils ne partaient pas, pour une saison ou pour tou-jours, s'engager dans les mines de Lorraine. Giacomo avait dû s'inscrire comme ballila, jeune fasciste, pour recevoir sa paire de skis (dont il était champion). Plus tard, il participera à l'édification de l'ossuaire monumental dressé en pleine mon-tagne, à la mémoire des combat-tants italiens de 14-18. Mais son ralliement à une grève le marquera à jamais. Mobilisé, il sera jugé mauvaise tête et muté comme fantassin sur le front russe. Sans espoir de retour. On s'en voudrait d'être grandilo-quent dans la louange. L'emphase, encore une fois, ne sied pas à Mario Rigoni Stern.
    Il écrit juste, c'est tout. Comme un peintre qui n'utilise-rait pas de pigments trop épais, mais retrouverait, sous les glacis ou la transparence des couleurs, la lumière même des choses, les vibrations d'une émotion silencieuse. Peu d'écrivains, au bout du compte, sont aussi pudiques et fraternels que lui. »

    Frédéric Vitoux,
    Le Nouvel Observateur
    Source : 10-18
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