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Élisa Rossignol. Biographie romancée
Élisa Rossignol. Biographie romancée
- Guy Gérard
- Edité par : Guy
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Français
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Description
Arrive le tour de Caroline. On a envie d'applaudir lorsqu'elle s'approche de l'avant-scène. C'est toute la grâce féminine qui s'offre à vos yeux. Aucun de ses gestes, aucune de ses attitudes, pas plus que son sourire ne sont calculés. Il s'agit d'un don surnaturel : le charisme. Elle annonce le titre de l'extrait qu'elle va incarner avec l'aisance d'une grande professionnelle. Puis elle chante : « heure exquise ». Son interprétation, accompagnée avec bonheur d'attitudes appropriées, est parfaite. À la suite d'une montée chromatique du plus bel effet et parfaitement négociée, l'octave supérieure est atteinte, mais sa voix sature légèrement. Comparé au saut en hauteur, ça passe, mais elle frôle la barre qui vibre sans tomber. C'est le petit grain de sable qui nous rappelle que la perfection n'est pas de ce monde.
On demande le numéro sept. C'est le tour d'Elisa rossignol.
Elle a un peu le trac et c'est bien. Dès qu'elle annonce qu'elle interprétera « la chanson de Wilya », son angoisse s'évanouit. Elle chante. Aussitôt, c'est l'horreur. Elle se rend compte qu'elle est un ton en dessous. Trop bas, c'est trop bas. Dans les coulisses, Jean est sidéré, sa protégée connaît parfaitement sa tessiture et elle ne commet jamais cette erreur. Ne sachant que faire, n'osant pas s'arrêter, elle va jusqu'au bout : mezzo-soprano.
Il n'y a aucune erreur d'interprétation si ce n'est celle-ci. Elisa montre sur scène une présence digne des plus grands. Elle s'apprête à regagner les coulisses, vaincue. Quand se produit un nouveau coup de théâtre. Dès les premières mesures qu'elle interpréta, un membre du jury se mit à s'agiter. Il se pencha et conversa, en gesticulant, avec ses homologues de droite et de gauche, puis s'adressa longuement à un homme assis derrière lui ? le directeur de production du spectacle de « La Veuve Joyeuse », apprendra-t-on plus tard. L'homme du jury rappelle Elisa, interrompant sa retraite. Il lui fait alors une requête inespérée :
? S'il vous plaît, Mademoiselle, voulez-vous reprendre votre interprétation un ton plus haut !
Jean, qui s'était un peu remis, fait une rechute. Elisa s'arrête une fraction de seconde, se retourne, revient à l'avant de la scène. Elle regarde l'homme et lui dit :
? Ah oui, je vais recommencer !
Jamais elle ne ressentit une telle force en elle, cet homme lui donne une deuxième chance. Il est hors de question de le décevoir. Jean ne peut retenir un cri de joie et constatant que sa protégée est remontée à bloc, il déclare à qui veut l'entendre :
? Vous allez voir ce que vous allez voir !
Elisa chante. Chacun découvre sa voix de soprano d'une grande pureté, d'une puissance étourdissante amplifiée par l'acoustique de la salle. Les plus grandes difficultés de l'oeuvre deviennent les passages les plus fabuleux, révélant une aisance rare et une maîtrise parfaite. Le saut en hauteur n'est plus un saut, c'est une envolée, le rossignol s'est envolé très haut dans le saint des saints de la grande musique. Elisa n'est plus une chanteuse, c'est une diva.
Source : Gérard Guy-
Caractéristiques
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Auteur
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Edité par
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Date de sortie2006
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EAN9782952695602
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