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Fiancés par contrat

Fiancés par contrat

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  • Description

    1.

    Harriet regarda fixement le jeune homme qui lui faisait face.

    ? Qu'entendez-vous par... « Je ne peux tenir mon engagement » ? demanda-t-elle. Nous nous étions mis d'accord, il me semble. Et ce déjeuner est l'occasion d'une dernière mise au point.

    ? Mais, depuis, la situation a complètement changé, dit Peter Curtis avec une moue obstinée. Quand nous avons passé cet arrangement, j'en étais arrivé à un point où j'étais prêt à tout. La fille que j'aimais m'avait quitté. Alors, empocher une belle somme et faire un tour du monde me semblait une idée comme une autre. Mais Janie est revenue et pour de bon cette fois, puisque nous allons nous marier. Et pour rien au monde je ne voudrais remettre notre relation en cause.

    ? Je suis sûre que si vous lui expliquiez...

    ? Expliquer quoi ? coupa-t-il. Vous me voyez lui dire que pendant notre séparation j'ai accepté d'épouser une inconnue pour de l'argent ?

    ? Et si vous précisiez que ce n'est pas un vrai mariage, mais un arrangement strictement financier et temporaire de quelques mois ? Ça ferait une différence, non ?

    ? Certainement pas ! dit-il avec impatience. Elle me croirait fou, ce en quoi elle n'aurait pas tort. Non, désolé, mademoiselle Flint, je me retire de ce projet. Je ne vais pas risquer de perdre Janie une deuxième fois. Vous pouvez comprendre ça, j'en suis sûr.

    ? Et moi, j'ai un héritage qui compte tout autant à mes yeux et que je risque de perdre si je ne présente pas un mari avant mon prochain anniversaire, répliqua froidement Harriet. Mais ça, de toute évidence, vous êtes incapable de le comprendre !

    ? Bonté divine ! Mademoiselle Flint, vous n'êtes pas obligée de vous acheter un mari ! lança-t-il en se levant. Si vous vous habilliez différemment, si vous changiez de coiffure, vous seriez assez attirante. Pourquoi ne cherchez-vous pas le vrai bonheur ?

    ? Merci pour le conseil, mais je ne vous ai rien demandé. Et, si vous voulez tout savoir, jeter mes atouts à la tête d'un homme n'est pas un but pour moi. Je privilégie ma carrière.

    ? Vous n'avez qu'à conclure votre affaire avec un autre candidat. Je ne suis pas le seul à avoir répondu à votre annonce, j'imagine.

    « Mais vous êtes le seul qui aurait été crédible aux yeux de mon grand-père, pensa Harriet. Anglais, un physique avantageux, et poli. Comme fiancé de comédie, on ne pouvait rêver mieux. »

    Le voyant fouiller ses poches, elle secoua la tête.

    ? Laissez. La note est pour moi. Ça faisait partie de notre accord. J'espère que vous ne regrettez pas votre décision et je vous souhaite beaucoup de bonheur.

    Pure hypocrisie, bien sûr. Elle voulait les envoyer au diable, lui et sa peste de fiancée qui n'avait eu qu'à remuer le petit doigt pour faire capoter son plan ! Qu'allait-elle faire maintenant devant l'ultimatum de son grand-père ? se demanda-t-elle en regardant le jeune homme s'éloigner.

    Mais, pour le reste de l'après-midi, il lui fallait reléguer ce revers inattendu au fond de son esprit. Une importante réunion l'attendait, qui requérait toute son attention.

    Elle fit signe au serveur. Celui-ci arriva et fixa l'assiette de penne à l'arrabiataà laquelle elle n'avait pas touché.

    ? Ça ne vous a pas plu, signorina ?

    ? Oh ! Je n'avais pas très faim, c'est tout, assura-t-elle.

    « En fait, quelque chose m'a coupé l'appétit », pensa-t-elle, déprimée. Assez attirante ! C'est ce que Peter Curtis avait dit d'elle. Pouvait-on être plus condescendant ?

    Physiquement, elle devait ressembler à ce père qu'elle n'avait pas connu. Ses cheveux châtains aux reflets auburn étaient son meilleur atout et, si elle s'était autorisé cette liberté, ils retomberaient en cascades soyeuses sur ses épaules. Ses yeux étaient d'un beau gris clair, bordés de cils épais, mais le reste de son visage était absolument quelconque. Si c'était bien là l'image de son père, qu'est-ce que la blonde et ravissante Caroline Flint avait bien pu lui trouver ?

    Non qu'Harriet ait envie de ressembler à sa mère, physiquement ou moralement. A l'inverse de Caroline, elle refusait de se jeter à la tête de tous les hommes ? célibataires ou mariés ? qui l'attiraient. Elle avait bien eu quelques flirts à son arrivée à Londres, mais aucun n'avait abouti à une relation durable. Depuis, il ne se passait rien dans sa vie et cela lui convenait parfaitement.

    Soudain impatiente de sortir du restaurant, elle se leva et, prenant son sac et sa veste noire qui complétait son tailleur strict, elle alla jusqu'au comptoir, derrière lequel officiait Luigi, le patron.

    Celui-ci parlait à un jeune homme qui venait d'entrer. Et qui vivait dans la rue visiblement, pensa Harriet, irritée de devoir patienter. Avec son jean déchiré, ses baskets usées et son T-shirt délavé, il détonnait parmi la clientèle masculine de chez Luigi. D'autant que ses cheveux bruns, trop longs et en désordre, et son visage mince et non rasé ne donnaient pas du personnage une image très rassurante.

    Source : Harlequin
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