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La dernière preuve
La dernière preuve
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Description
Prologue
Riley St Joe titubait dans l'eau glaciale. L'Encounter tanguait et roulait sous ses pieds. A chaque vague nouvelle, sa vieille coque métallique se tordait en gémissant. « Nous sommes faits comme des rats qui n'ont pas quitté le navire », songea-t-elle. Elle s'étonnait d'être encore capable de plaisanter, mais cela lui donna la force de rester debout et d'aller rejoindre son grand-père. Un violent incendie de moteur, suivi d'une terrible inondation, les avait coupés du reste de l'équipage. Ils étaient désormais prisonniers du compartiment de plongée, dans les entrailles même du bâtiment.
Après trente ans de mer, l'Encounter — un vieux dragueur de mines qu'Emile Labreque et Bennett Granger avaient fait regréer en bateau océanographique — était en train de couler dans l'Atlantique Nord. Elle n'y pouvait rien. Plus exactement, son grand-père Emile Labreque, le brillant océanographe, têtu et visionnaire, n'y pouvait rien.
Elle saisit le bras du vieil homme. A soixante-quinze ans, il était vigoureux et plein d'énergie. Connaissant son bateau mieux que quiconque, il ne pouvait ignorer l'ampleur des dégâts. Il regardait ?xement la porte étanche qui s'était refermée quand le feu et l'inondation les avaient con?nés dans le ventre du bateau.
— Emile, il faut que nous utilisions le submersible ! cria Riley. Nous n'avons pas le choix !
— Je ne quitte pas mon bateau. Les pompes vont venir à bout de cette inondation. Quant à l'équipage, il est en mesure de lutter contre le feu.
— Les pompes ne serviront à rien, et si l'équipage a du bon sens, il a déjà sauté dans les canots de sauvetage. Emile, l'Encounter est sur le point de couler. Si nous restons ici, je ne donne pas cher de notre peau.
Labreque dégagea son bras. Avec ses yeux ?évreux, ses cheveux blancs et sa peau semblable à du cuir tanné par les ans, il avait conservé son allure de baroudeur, connue dans le monde entier. Il prit une profonde inspiration.
— Toi, tu t'en vas. Monte dans le submersible. Allez, dépêche-toi !
— Je ne pars pas d'ici sans toi.
— Il faut que je m'occupe de l'équipage.
— Tu ne peux rien faire pour lui, même si tu arrives à ouvrir les portes. Le feu est trop intense. Et si tu ne ?nis pas grillé vif, tu vas te noyer. C'est à Sam de s'occuper de l'équipage.
Sam Cassain était le capitaine du bateau, mais Emile se considérait comme le seul responsable de l'Encounter et de son équipage. Riley luttait pour ne pas perdre l'équilibre. Nous sommes faits comme des rats. Il ne fallait pas qu'elle cède à la panique.
— Bon Dieu, Emile ! Tu sais que j'ai raison !
Bien sûr qu'il le savait. Il savait aussi bien qu'elle que l'Encounterétait perdu. Le moteur avait explosé, le feu avait gagné la totalité du bateau et la coque s'était ?ssurée. Emile avait bien conscience qu'il ne leur restait que quelques minutes à vivre.
— Il n'y a qu'une seule place dans le submersible, répliqua-t-il.
— On tiendra à deux. Sam a dû envoyer un SOS. Les gardes-côtes doivent déjà être en route, ils nous récupéreront avant que nous ne manquions d'air.
— Nous ne disposerons que de trois heures, quatre tout au plus.
— Cela suf?ra.
Emile appuya sa paume sur la porte étanche, en guise d'adieu à son navire, et ferma un instant les yeux. L'Encounterétait aussi célèbre que lui : il était à l'origine de sa recherche océanographique, des documentaires qu'il avait tournés, des livres qu'il avait écrits. Tout était ?ni désormais.
— Nous n'avons plus le temps. Allons-y.
* * *
Cinq heures plus tard, Riley, tout engourdie, prit la couverture que lui tendait le garde-côte et l'enroula autour d'elle. L'homme lui parlait, mais elle ne l'entendait pas. Elle avait cessé de trembler. Ses paupières étaient lourdes, son pouls régulier, mais ses mains étaient froides et livides. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qu'il essayait de lui dire.
Elle devait être en état de choc.
Sa gorge était en feu et la faisait souffrir. Elle venait de passer quatre heures interminables dans le minuscule submersible aux côtés d'Emile. Et, tandis que la réserve d'oxygène s'était lentement épuisée, elle s'était mise à suffoquer, et avait failli plus d'une fois succomber à l'horrible tension qui la submergeait.
— Mon grand-père, dit-elle sans savoir si les mots sortaient de sa bouche. Comment va-t-il ?
Le marin fronça les sourcils comme si elle parlait une langue étrangère.
— Emile, mon grand-père...
— Nous allons nous occuper de vous, d'accord ? répondit le garde-côte en posant sa main sur son bras à travers la couverture. Tenez bon !
— Je ne suis pas blessée.
Elle avait l'impression de crier, mais ne pouvait entendre ses propres paroles.
— Et l'équipage ? Est-ce qu'ils vont bien ? Ont-ils pu prendre les canots de sauvetage ?
Source : Harlequin-
Caractéristiques
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Auteur
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Edité par
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Date de sortie2008
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Nb. de pages423
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EAN9782280838139
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